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les symptômes vasomoteurs

Agir pour le Cœur des Femmes alerte les femmes sur les «symptômes vasomoteurs », qui sont un vrai marqueur de risque cardiovasculaire, et qui doivent les inciter à faire un bilan cardiovasculaire à l’entrée de la ménopause.

Nos experts gynécologues (Delfany Mardhel et Geneviève Plu-Bureau, Hopital Port-Royal, Paris) ont analysé six études prospectives évaluant les liens entre symptômes vasomoteurs de la ménopause et risque d’événements cardiovasculaires.

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Les bouffées de chaleurs (BDC) et les sueurs nocturnes (SN) sont les symptômes vasomoteurs de la ménopause (SVM) les plus fréquents : environ 75% des femmes en souffriront, avec un pic de fréquence, 1 an après la ménopause. Leur association avec différents facteurs de risque cardiovasculaire tels que le surpoids, l’hypertension artérielle, les dyslipidémies ou encore un index d’insulino-résistance élevé, a déjà été soulignée au travers de plusieurs études. Certains marqueurs indirects d’augmentation du risque cardio-vasculaire ont également été mis en évidence : augmentation des calcifications coronaires et aortiques, augmentation de l’épaisseur de l’intima-média des carotides et diminution de la dilatation artérielle induite par le flux, marqueur de dysfonction endothéliale et signe d’athérosclérose débutante. En revanche, l’association entre la présence de SVM et la survenue d’événements cardio-vasculaires est plus débattue, les résultats des études étant discordants.
L’objectif de cette étude est donc d’évaluer l’association entre la présence de SVM et la survenue d’événements cardio-vasculaires (ECV) chez les femmes en périménopause ou ménopausées. Une attention particulière a été apportée à l’influence du moment d’apparition des SVM ainsi qu’à l’évaluation des BDC et des SN.
Cette méta-analyse a réuni les données individuelles de 23 365 femmes issues de 6 études prospectives (américaines, anglaises et australiennes). Toutes les patientes ayant déjà eu un événement cardiovasculaire avant l’inclusion ont été exclues. L’ensemble des données sont issues d’auto-questionnaires. Les SVM recueillis étaient les BDC et les SN ainsi que leur fréquence de survenue, leur sévérité, et le moment de leur première apparition : avant la ménopause (SVM précoces) ou après la ménopause (SVM tardifs). Concernant les évènements cardiovasculaires, l’étude portait sur la survenue de coronaropathie (angor ou infarctus du myocarde) ou d’AVC (ischémique ou hémorragique). Tous les résultats ont été ajustés sur les facteurs de confusion potentiels que sont l’ethnie, le niveau d’étude, l’index de masse corporelle, la pression artérielle, le tabagisme, le nombre de grossesses, le type de ménopause (chirurgicale, naturelle, péri-ménopause) et l’utilisation d’un traitement hormonal de la ménopause.
L’âge moyen des patientes à l’inclusion était de 48 ans et à la fin du suivi, de 59 ans. 53,8% ont déclaré avoir des SVM, 47,8% des BDC et 38,7% des SN. Au total, 8,3 % des patientes ont eu un événement cardio-vasculaire clinique : 7,3% une maladie coronarienne et 1,6% un AVC.
Il n’a pas été retrouvé d’association entre la fréquence des BDC et le risque d’ECV mais une association avec la sévérité des BDC (RR 1,83 [1,22-2,73]). En revanche, le risque d’ECV global est associé significativement chez les patientes ayant des SN fréquentes (RR 1,29 [1,05-1,58]). Les SVM légers à sévères paraissent augmenter le risque d’ECV et notamment de coronaropathie. Il est à noter également que le risque d’ECV est significativement augmenté chez les patientes ayant des BDC et des SN combinées (RR 2,11 [1,62-2,76]). Les SVM semblent augmenter le risque d’ECV, qu’ils soient d’apparition pré ou post ménopausique. Cependant, les SVM post-ménopausiques apparaissent comme davantage à risque que les SVM pré-ménopausiques.

Cette étude apporte donc des informations importantes sur le risque d’ECV dans cette période de transition ménopausique en évaluant ce risque en fonction du moment d’apparition des SVM. Par ailleurs la distinction des différents signes cliniques des SVM est intéressante soulignant l’impact négatif des sueurs nocturnes ainsi que la sévérité des BDC plus que leur fréquence.

Les auteurs proposent plusieurs hypothèses pour expliquer leurs résultats.
- Les femmes souffrant de SVM ont plus de facteurs de risque cardiovasculaires (HTA, dyslipidémies,…) et ont des marqueurs indirects de ce risque plus élevés (intima-média épaissie, dysfonction endothéliale,…). Même si l’analyse statistique prend en compte la plupart de ces facteurs, un ajustement complet n’est pas toujours possible. La méta-analyse présentée n’a pas d’information sur l’insulino-résistance ou les dyslipidémies.
- Les SVM et les maladies cardiovasculaires partageraient des causes communes : les modifications hormonales mais aussi une dysfonction du système autonome et adrénergique seraient impliquée dans la genèse des SVM et des maladies cardio-vasculaires.
- La distinction des deux symptômes, BDC et SN est importante. Ainsi, les patientes avec BDC seules semblent avoir un profil cardio-vasculaire plus favorable, avec notamment une PAS moyenne plus basse que les patientes avec SN seules, contribuant à expliquer les résultats de cette méta-analyse.
- Le sur-risque chez les patientes ayant des SN seules pourrait également être expliqué par l’altération de leur qualité de sommeil, qui est un facteur péjoratif pour le système cardio-vasculaire.


Conclusion : la sévérité des SVM plus que la fréquence est associée à une augmentation de risque d’ECV. Il paraît donc important en pratique clinique de dépister les patientes ayant des SVM notamment les plus sévères afin d’optimiser leur prise en charge cardio-vasculaire.


Références : Zhu D, Chung HF, Dobson AJ, Pandeya N, Anderson DJ, Kuh D, Hardy R, Brunner EJ, Avis NE, Gold EB, El Khoudary SR, Crawford SL, Mishra GD. Vasomotor menopausal symptoms and risk of cardiovascular disease: a pooled analysis of six prospective studies. Am J Obstet Gynecol. 2020 Dec;223(6):898.e1-898.e16.

 

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