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La vaccination, nouvelle arme en prévention cardiovasculaire

Le Dr Jean-François Renucci, médecin vasculaire au CHU de la Timone à Marseille et ambassadeur expert d’Agir pour le Cœur des Femmes souligne l’importance de la vaccination dans la prévention des maladies cardio-vasculaires mis en exergue par de récentes recommandations européennes.

La vaccination est initialement destinée à la prévention des maladies infectieuses en immunisant contre un agent à l’origine de la maladie.
Pourtant elle a un réel intérêt en cardiologie et un consensus européen souligne son rôle crucial, mais encore sous-estimé, dans la prévention cardiovasculaire.

Longtemps limitée à la prévention des maladies infectieuses, la vaccination révèle aujourd’hui un potentiel bien plus large. Des données de plus en plus solides suggèrent qu’elle pourrait également réduire le risque d’événements cardiovasculaires majeurs tels que l’infarctus du myocarde, l’accident vasculaire cérébral, l’aggravation de l’insuffisance cardiaque ou la mort subite. Dans ce contexte, la Société européenne de cardiologie (ESC), en collaboration avec plusieurs associations spécialisées, a récemment publié un texte de consensus qui présente la vaccination comme un élément très important mais largement sous-exploité en prévention cardiovasculaire [1].

Une synthèse des données de la littérature scientifique

S’appuyant sur une synthèse rigoureuse des données scientifiques disponibles, les auteurs rapportent que certaines infections comme la grippe, le COVID-19, le pneumocoque ou le zona ont un impact direct sur le système cardiovasculaire, en favorisant l’inflammation, la thrombose (formation de caillots) et la déstabilisation de plaques d’athérome. En effet, ces infections peuvent provoquer un déséquilibre physiologique brutal chez les patients fragiles : hausse de la demande en oxygène, rupture de plaques d’athérome, troubles du rythme, … Les conséquences sont potentiellement graves, surtout chez les personnes âgées ou déjà porteuses d’une maladie cardiaque.
Un vieux Professeur de Médecine disait « Le mal est au poumon, le danger est au cœur »

La grippe, par exemple, est responsable chaque année d’une surmortalité significative chez les personnes qui présentent une atteinte des artères coronaires. Le vaccin antigrippal, pourtant largement disponible et bien toléré, reste encore sous-utilisé. Une étude [2] portant sur des patients hospitalisés pour un infarctus du myocarde, a montré que la vaccination précoce réduisait la mortalité toutes causes confondues et les récidives. Des résultats similaires, bien que parfois plus nuancés, sont observés avec les vaccins contre la COVID-19, le pneumocoque ou le zona. Chez les transplantés cardiaques, les patients immunodéprimés ou encore les femmes enceintes, les bénéfices de la vaccination sont également bien établis, avec une amélioration de la survie et une diminution des complications infectieuses.

Des bénéfices largement supérieurs aux risques

Il faut insister sur la sécurité des vaccins, et la polémique à propos du COVID, dans une population française déjà plutôt réticente à la vaccination n’a pas amélioré les choses… Les données scientifiques objectives indiquent que les effets indésirables graves sont très rares, de même que les réactions les plus fréquentes sont bénignes : douleur au point d’injection, fièvre modérée, fatigue transitoire. La myocardite post-vaccin COVID-19, souvent évoquée dans les médias, reste une complication rare, majoritairement bénigne et guérissant spontanément, bien moins fréquente et sévère que les atteintes cardiaques provoquées par le virus lui-même.
Le message est donc clair : les bénéfices surpassent largement les risques, surtout dans les populations à risque cardiovasculaire.

Ce Consensus Européen incite fortement à modifier les pratiques. Il ne suffit pas de recommander la vaccination en consultation ; il faut la proposer activement, y compris durant les hospitalisations pour événements aigus. L’hôpital doit permettre d’améliorer cette couverture vaccinale, insuffisante : Les traitements médicamenteux et les interventions restent fondamentales mais, il faut y ajouter la vaccination au même titre que les autres médicaments dans le cadre d’une prévention plus globale.

En conclusion, ce Consensus souligne que la vaccination devrait être reconnue comme le « quatrième pilier » de la prévention cardiovasculaire, avec les traitements de l’hypertension artérielle, de l’hypercholestérolémie et du diabète
C’est une intervention simple, sûre, peu coûteuse et qui sauve des vies !

Références :
[1] Heideker B. et al. Vaccination as a new form of cardiovascular prevention: a European Society of Cardiology clinical consensus statement: With the contribution of the European Association of Preventive Cardiology (EAPC), the Association for Acute CardioVascular Care (ACVC), and the Heart Failure Association (HFA) of the ESC European Heart Journal,2025 ; 46, (36), 3518–3531.

[2] Loeb M. et al Influenza vaccine to reduce adverse vascular events in patients with heart failure: a multinational randomised, double-blind, placebo-controlled trial. Lancet 2022 ; 10 (12) E1835-E1844.


Mots clés : Prevention cardio-vasculaire, vaccination, infarctus, mort subite, insuffisance cardiaque, grippe, covid-19, pneumocoque, zona.

 
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