Le 10 novembre 2022 vers 17h20 marque le tournant dans mon existence. Depuis, il existe un avant et un après. Ce jour-là, lors d’un banal entraînement de boxe, une douleur vive surgit entre mes omoplates, monte progressivement au niveau de mes cervicales puis dans la mâchoire.
Je ne m’inquiète pas, pensant m’être fait mal en donnant un coup. A aucun moment je n’ai imaginé que ces douleurs pouvaient être celles d’un infarctus. Comme beaucoup, j’avais intégré l’image dominante liée à cette maladie : celle d’un homme terrassé par une douleur vive à la poitrine.
J’attends cinq heures avant d’appeler le 15.
Puis, l’hôpital. Sept jours d’immobilité en soins intensifs, une ribambelle d’examens qui ponctuent mes journées et le diagnostic couperet qui me lie à jamais d’un CDI avec la maladie.
Commence alors le douloureux cheminement d’acceptation d’être porteuse d’une pathologie mortelle et meurtrière, une confrontation avec ce corps affaibli et vulnérable. Il m’a fallu encaisser le choc violent de cette transition : celle d’une femme dynamique, pleine de vie, à une autre version de moi en mauvais état qui pâtit et subit.
Lorsque la maladie percute, tout bascule. Elle s’insinue, navigue, immobilise. Mon corps, mon esprit m’ont échappé, ils sont devenus des étrangers. Très vite aussi l’évidence m’a fait face : le rétablissement, s'il y a, sera long et fastidieux, peuplé de peurs, de colère, d’incompréhension, avec l’infarctus de Damoclès au-dessus de mon myocarde.
Le rétablissement physique et psychologique a été long, très long. Pour reprendre, un peu, le contrôle sur ce corps délinquant, j’ai centré mon action « par et avec » la pratique d’un sport. La boxe a constitué un incroyable moteur.
D’autres activités m’ont tout autant soutenue dans cet interminable cheminement. En premier lieu l’écriture d’un livre. Ce recueil, je le dois à une rencontre autant qu’à une envie : celle avec une chercheuse, celle de transformer cette épreuve en quelque chose de positif.
Aujourd'hui, un nouveau besoin s’impose à moi : celui de m’engager dans la sensibilisation aux maladies cardiovasculaires. C’est pour cela que j’ai créé Infarct’Us. Parce que de par mon parcours, je suis convaincue qu’une personne informée peut se sauver la vie.
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