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Hypertension artérielle de la ménopause : anticiper par une coopération cardio-gynécologique efficace !

Véritable tueuse silencieuse, l’hypertension artérielle est l’un des tout premiers facteurs de risque cardiovasculaire, notamment à la ménopause. Le gynécologue a un rôle clé dans le dépistage du risque cardiovasculaire de ces femmes.

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La ménopause est une période au cours de laquelle la pression artérielle augmente fréquemment. Dans une étude réalisée auprès plus de 5 000 femmes, les bouffées de chaleur étaient associées à une élévation du taux de cholestérol, de l’index de masse corporelle (rapport poids sur taille2) et de la pression artérielle (Gast GC et collaborateurs, revue « Hypertension » 2008). Le constat de l’étude Esteban en France en 2018 (www.santepubliquefrance.fr) est très alarmant, soulignant un moins bon contrôle de l’hypertension, notamment chez les femmes. Une femme sur deux âgée entre 45 et 65 ans est hypertendue, avec un nombre significatif de femmes ne prenant pas de traitement.

A la ménopause, la carence progressive en œstrogènes induit un épaississement de la paroi artérielle et une augmentation du tonus des fibres musculaires, amenant à plus de rigidité des artères. Cela favorise l’hypertension artérielle, notamment sur le premier chiffre (pression artérielle systolique). De plus, à la ménopause, un grand nombre de femmes ont progressivement adopté une hygiène de vie défavorable : sédentarité, stress, alimentation déséquilibrée, sel en excès, tabac, alcool…. Celle-ci favorise la prise de poids, l’obésité abdominale, l’élévation des triglycérides et du mauvais (LDL) cholestérol, l’augmentation de la glycémie (sucres dans le sang) et de la pression artérielle, le tout rentrant dans une entité appelé syndrome métabolique. Cette mauvaise hygiène de vie interfère aussi avec l’efficacité des traitements hypertenseurs. Enfin, les facteurs psychosociaux, beaucoup plus délétères chez la femme, favorisent l’hypertension artérielle ou l’aggravent. Le syndrome dépressif, le stress chronique, l’isolement social, et la précarité doivent ainsi être dépistés et pris en compte chez toute femme à l’entrée dans la ménopause.

Rappelons également que la pré-éclampsie (hypertension au cours de la grossesse avec atteinte des reins) et le diabète gestationnel sont deux facteurs de risque précoces et spécifiques aux femmes. Ils favorisent le développement d’une hypertension et d’un syndrome métabolique à la ménopause.

Le poids de l’hypertension sur le risque de mortalité cardiovasculaire est ainsi bien supérieur chez la femme, comparé à l’homme. Les femmes hypertendues, de plus de 60 ans, sont moins bien contrôlées que les hommes du même âge. Leur hypertension se complique également plus souvent : accident vasculaire cérébral, hypertrophie myocardique (cœur trop gros), altération de la fonction diastolique (le cœur a du mal à se remplir en sang), fibrillation atriale (trouble du rythme dans les oreillettes, qui sont des cavités du coeur), insuffisance cardiaque (le cœur n’arrive plus à faire correctement sa fonction de pompe de la circulation sanguine), insuffisance rénale…




Il est important de prêter attention à plusieurs symptômes d’alerte, non spécifiques, pouvant être similaires à ceux ressentis à la ménopause : maux de tête, palpitations, grande fatigue, douleur thoracique, perte d’énergie, essoufflement, troubles du sommeil, troubles de la concentration… Ces symptômes sont variables dans le temps et peuvent se majorer en situation de stress physique ou mental. Ils doivent conduire au dépistage de l’hypertension artérielle.

A la ménopause, il est important de faire contrôler sa pression artérielle chez son médecin, parfois chez son pharmacien, ou soi-même en automesure à la maison, avec un tensiomètre automatique, au bras de préférence. L’objectif est d’avoir une pression artérielle inférieure à 140/90 mm Hg au cabinet médical ou chez son pharmacien et inférieure à 135/85 mm Hg en automesure à la maison.

La coopération entre les cardiologues, les médecins vasculaires, les médecins généralistes, les gynécologues et les pharmaciens est à promouvoir, pour optimiser les parcours de soins des femmes présentant des facteurs de risque cardio-vasculaire. Il est aussi nécessaire d’impliquer les femmes dans leur prise en charge, en les aidant à préparer leur consultation avec leurs antécédents, dont les antécédents gynécologique et obstétricaux, en répertoriant les différents traitements en cours et en les éduquant à l’automesure tensionnelle.

Bonne nouvelle : l’hypertension n’est pas une fatalité. Il est possible d’agir très efficacement par un dépistage régulier, en adoptant une hygiène de vie favorable (activité physique régulière, consommation de sel et d’alcool modérée, gestion de son stress) et en suivant scrupuleusement les consignes de son médecin. Elles seront aussi alertées sur les effets de certains traitements (anti-inflammatoires, antidépresseurs, corticoïdes notamment) sur la pression artérielle.

Pour en savoir plus : consensus «HTA, Hormones et femmes» téléchargeable sur www.sfhta.eu

 

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