Il y a huit ans, j’ai été victime d’un AVC. Je pense pouvoir dire qu’à cette époque, j’étais en situation de vulnérabilité sanitaire. Petit à petit, j’ai compris et accepté que ce qui m’était arrivé procédait d’une forme de burn-out.
Ce rythme trépidant, cette tension que je vivais, m’ont empêchée d’être à l’écoute de ces 15 jours de symptômes forts et violents, que je ne voulais pas voir. J’avais 48 ans, quatre enfants, un métier que j’aimais, des amis, des passions. Ce fut comme un coup de bâton dans mes jambes qui est venu mettre fin à ma course. Mais pas définitivement, Dieu sois loué !
Depuis, j’ai pris conscience de la nécessaire prévention des risques cardio-vasculaires, et notamment chez les femmes, car ces maladies, dans l’inconscient collectif, sont davantage l'apanage des hommes, et de fait, les symptômes, les traitements moins bien connus des femmes.
J’ai aussi pris conscience de mes antécédents familiaux, car quand on est jeune et qu’on n'a eu aucun problème de santé, on se croit invincible. Alors aujourd’hui, j’écoute, j’alerte si besoin, en partageant mon expérience.
Cet accident m’a emmenée sur d’autres rives.
Celle de la reconversion personnelle et professionnelle. Après mon AVC, j’ai eu du mal à reprendre mon ancien poste. J’ai pu bénéficier d’un aménagement. Récemment, je suis allée au bout de la reconversion en quittant le monde de l’enseignement et l’éducation pour rejoindre celui de l’éducation thérapeutique du patient, avec le fort désir de développer ainsi un meilleur accès aux soins et faire grandir la démocratie en santé. J’ai reçu une formation et actuellement, je suis en contrat salarié au sein de l’UTTEP 19, unité rattachée à l’hôpital de Brive.
Celle de l’engagement pour les femmes : AVC et long arrêt de travail plus confinement, plus sensibilité de longue date à la question des femmes victimes de violences conjugales, m’ont amenée à candidater comme bénévole, au sein de l’association SOS Violences Conjugales. Aujourd’hui, j'accompagne des femmes en vulnérabilité sanitaire et sociale, dûe bien souvent au contexte violent dans lequel elles vivent. Alors, je m’attache avec elle à participer à leur reconstruction, celle du cœur, de l’âme et du corps.
C’est dans ce combat que je fais miennes ces deux valeurs défendues par "Agir pour le Cœur des Femmes", que sont la bienveillance et l’exigence, qui était déjà celles que je nommais lors des rendez-vous d’accueil d’inscription dans mon école :
- la bienveillance, pour permettre à toutes les femmes de bénéficier d’un accompagnement et d’une prise en charge les aidant à se protéger et à mieux vivre ;
- l’exigence, pour transmettre à l’ensemble de l’écosystème de santé un savoir-faire reconnu et réactualisé sur les spécificités de la prise en charge des maladies cardio-vasculaires des femmes.
La boucle est bouclée. J’ai expérimenté la vulnérabilité dans ma propre chair. J’en ai fait une force pour moi et pour le collectif. Je me sens à ma place dans ce combat pour la dignité et la santé des femmes.
À l'âge de 31 ans, une artériopathie des membres inférieurs m'a été diagnostiquée avec des douleurs en marchant, probablement due à un terrain héréditaire favorable ainsi que la prise d’une contraception avec oestrogènes de synthèse et la consommation de tabac importante. La [...]
« Le contexte familial m’a amené à avoir un suivi cardiologique à titre préventif. En effet, à l’âge de 46 ans mon père a fait un AVC, suivi d’une démence artériopathique, il est décédé depuis. Ma mère aurait dû avoir un triple pontage et souffrait de la maladie d’Alzheimer. [...]
Je lis avec attention vos publications et les posts du Pr Claire Mounier-Vehier. Grâce à vos alertes sur le cœur des femmes, j’ai pu sauver l’une de mes amies. 60 ans, fumeuse, divorcée, avec du stress au travail, elle se plaint régulièrement d'une douleur diffuse dans le dos qui [...]