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MEDECINE VASCULAIRE

Anévrysme de l’Aorte : des différences hommes / femmes enfin prises en compte

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Un anévrysme est défini comme l’augmentation de la taille (le diamètre) d’une artère) de plus de 50 % par rapport à la valeur normale : si la normale est de 20 mm, l’anomalie commence à 30 mm.
Il peut être localisé sur n’importe quelle artère et on prête une attention particulière à l’aorte (la plus grosse artère) au niveau de l’abdomen.
Le risque principal de ces anévrismes est la rupture qui aura des conséquences très graves avec un décès sur deux. Comme dans l’immense majorité des cas, il n’y a aucun symptôme, il faudrait les dépister en réalisant une échographie de l’abdomen systématiquement si des facteurs de risque sont présents à partir de 60 à 65 ans. Le facteur de risque le plus important est le tabagisme souvent associé à des antécédents familiaux. Avec le temps il va régulièrement augmenter de taille surtout chez les personnes hypertendues avec un risque de rupture d’autant plus important.
À partir d’une certaine taille, le traitement consiste en une opération qu’il est conseillé de réaliser avant la survenue de l’accident brutal.

Des données épidémiologiques :
[1, 2, 3]

Les anévrismes sont 3 fois plus fréquents chez les hommes.
Mais la vitesse de croissance (l’augmentation de la taille) est 80 fois plus rapide chez les femmes.
Le risque de rupture est 4 fois supérieur chez les chez les femmes par rapport aux hommes
Les femmes ont 80 % de moins de chances d’’être opérées pour un anévrisme non compliqué et 40 % de moins lors d’une rupture
La mortalité avant hospitalisation et lors de l’intervention est 86 % chez les femmes, 79 % chez les hommes
Des recommandations récentes :

La Société Européenne de Chirurgie Vasculaire (ESVS) vient de publier des recommandations [4] dans lesquelles, pour la première fois, une différence nette est faite entre les hommes et les femmes pour tous les éléments.
Précédemment, une intervention chirurgicale était indiquée pour une taille de 50 ou 55 mm quel que soit le genre et la fréquence de la surveillance d’une anomalie connue ou après une intervention était identique.
Avec ces recommandations, on doit opérer les hommes pour des valeurs de 55 mm mais les femmes à partir de 50 mm L’explication simple est que les femmes ont habituellement des artères plus petites et que un même chiffre correspond donc à une anomalie plus importante.
De même la surveillance par échographie est différente pour des anomalies importantes : tous les 6 mois si le diamètre est à 50 mm chez un homme, 45 chez une femme.
Enfin, la prise en charge médicale consiste en sur la prise en charge désormais classique des facteurs de risque puisque on considère à juste titre que ce sont des patients à haut risque cardio-vasculaire avec un risque important d’infarctus du myocarde et d’accident vasculaire cérébral. Le taux de décès d’origine cardio-vasculaire étant de 3 % chaque année
Il faut arrêter impérativement le tabagisme, bien contrôler la pression artérielle, le cholestérol et prendre (nouveauté) de l’aspirine en plus des habituelle mesures sur le mode de vie : alimentation et activité physique.

Conclusion :

Va t’on vers une médecine par genre ? C’est notre souhait étant donné les nombreuses différences entre les sexes, avec on le sait, une moins bonne prise en charge des femmes.
C’est une satisfaction que ce soit la pathologie vasculaire qui donne l’exemple et la voie à suivre.

Références :
[1] Brown P.M et al : J. Vasc Surg 2003
[2] Vanhaidinen A et al : J Vasc Surg 2006
[3] Modfi B et al ; Br J Surg 2007
[4] Vanhaidinen A et al : Eur Vasc Endovasc Surg 2024

 
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