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Tachycardies jonctionnelles : une cause fréquente de palpitations chez la femme

La tachycardie jonctionnelle est un trouble du rythme courant, touchant préférentiellement les femmes. Bien que bénin dans la majorité des cas, ce trouble du rythme peut être particulièrement invalidant. Agir pour le cœur des femmes souhaite anticiper l’angoisse générée par ces crises de tachycardie bégnines en donnant aux femmes des informations claires et concrètes avec les moyens d’agir efficacement et durablement.

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De quoi s’agit-il ?

Les tachycardies jonctionnelles constituent une des principales causes de palpitations à début et fin brusques survenant sur cœur sain (c’est-à-dire non malade). Elles sont liées à un court-circuit électrique siégeant à la jonction entre les oreillettes et les ventricules.

Quels symptômes ?

La présentation clinique est caractérisée par la survenue de palpitations, liées à la perception de battements cardiaques très rapides (en général entre 180 et 240 battements par minute) et parfaitement réguliers (à l’image d’un métronome). Typiquement, les épisodes surviennent de façon totalement imprévisible et inopinée, ils débutent brutalement (d’un battement à l’autre), et s’arrêtent également brutalement. La durée des épisodes est variable, allant de quelques secondes à plusieurs heures. La fréquence des crises de tachycardie jonctionnelle est également très variable d’une personne à l’autre, celles-ci sont parfois rares (quelques fois par an) mais peuvent aussi être beaucoup plus fréquentes et invalidantes. Typiquement, il est souvent constaté des périodes de la vie où les épisodes sont plus rapprochés (à l’occasion de perturbations hormonales, grossesses, situations de dette en sommeil par exemple) alternant avec des périodes plus ou moins prolongées d’accalmie. L’âge de révélation est variable, mais les symptômes débutent souvent à l’adolescence.

Quelles causes ?

Il existe 2 mécanismes principaux à l’origine des tachycardies jonctionnelles : (1) la « réentrée intranodale » et (2) la « réentrée sur voie accessoire ».
(1) La « réentrée intranodale » est le mécanisme de loin le plus fréquent. On parle parfois dans ce cas de maladie de Bouveret. La cause est un petit court-circuit électrique situé au niveau d’une région appelée « nœud auriculo-ventriculaire », à la jonction entre les oreillettes et les ventricules. Ces tachycardies sont nettement plus fréquentes chez les femmes, puisqu’on estime que sur 100 personnes atteintes, 70 sont des femmes. La raison exacte de cette prédominance féminine n’est pas établie avec certitude. Il est également montré que chez les femmes souffrant de tachycardies jonctionnelles, les crises ont souvent tendance à s’accentuer pendant les grossesses.
(2) La « réentrée sur voie accessoire » est l’autre mécanisme des tachycardies jonctionnelles. Il est plus rare et lié à une anomalie congénitale (présente depuis la naissance), caractérisée par la présence d’un câble électrique supplémentaire (qui ne devrait normalement pas être présent) connectant les oreillettes aux ventricules.

Comment faire le diagnostic ?

Le diagnostic des tachycardies jonctionnelles passe par l’enregistrement d’un électrocardiogramme au moment d’une crise de palpitations. Il est souvent constaté un retard au diagnostic, parfois de plusieurs années, car il n’est pas toujours simple de pouvoir enregistrer un électrocardiogramme au moment précis d’une crise, surtout lorsque celles-ci sont de courte durée. Ceci n’est plus le cas actuellement car il est désormais possible d’enregistrer soit même un électrocardiogramme de bonne qualité, au moyen des objets connectés (montres ou applications Smartphone). Les appareils les plus fiables sont les suivants : application smartphone KARDIA (AliveCor), montres AppleWatch et Withings (moveECG). Ces outils ont révolutionné le diagnostic des tachycardies jonctionnelles. Ils sont particulièrement utiles lorsque les épisodes sont espacés et de courte durée, en permettant de poser le diagnostic de façon fiable et rapide.

Que faire en cas de crise ?

Plusieurs manœuvres peuvent interrompre les crises de tachycardie jonctionnelles, on les appelle les « manœuvres vagales ». La plus efficace est appelée manœuvre de Valsalva, et consiste à effectuer un effort de poussée à glotte fermée (expiration bloquée). Pour améliorer son efficacité, elle peut être combinée à un changement de position brusque (passage en position allongée avec surélévation des jambes). D’autres manœuvres sont décrites comme par exemple le massage de l’artère carotide (au niveau du cou) ou le fait de boire un grand verre d’eau glacée. Si ces mesures sont inefficaces, la crise peut être interrompue par la prise d’un médicament par voie orale (inhibiteur calcique bradycardisant ou béta-bloquant). En dernier recours, si ces différents moyens ne permettent pas d’interrompre la tachycardie, il peut être nécessaire de consulter pour interrompre la crise par un médicament injecté via une perfusion (adénosine).

Comment éviter les récidives ?

Si les crises sont rares et peu gênantes, l’abstention thérapeutique est envisageable dans la plupart des cas.
A l’inverse, lorsque les épisodes de tachycardies jonctionnelles sont fréquents et invalidants, le traitement de référence permettant de prévenir les récidives est la réalisation d’une intervention appelée « ablation par radiofréquence ». Le principe de l’intervention est de cautériser la zone responsable des tachycardies. Il s’agit d’une intervention durant en moyenne 1 heure. L’introduction de cathéters par les vaisseaux de l’aine permet l’accès aux cavités cardiaques de façon mini-invasive. Le court-circuit anormal est repéré puis cautérisé. Une nuit d’hospitalisation est habituellement nécessaire. Le taux de succès de ce type de procédure est élevé, estimé à 95%, avec un risque de complications relativement faible (<1%).
La prise de médicaments au long cours pour prévenir les récidives est en général déconseillée, car moins efficace et plus risquée que l’ablation (risques d’effets secondaires). Cela est néanmoins parfois utilisé comme solution temporaire, dans l’attente de la réalisation de la procédure d’ablation.

Les experts de Agir pour le Cœur des Femmes vous recommandent en présence de symptômes à type de tachycardie, d’en parler à votre médecin pour anticiper les nouvelles crises et agir avec une prise en charge cardiologique spécifique.

 

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