Le docteur Marie Moitry, un des investigateurs de l’étude, ambassadrice d’Agir pour le Cœur des femmes et médecin de santé publique au CHU de Strasbourg, nous rapporte les principaux résultats.
Les équipes des registres français des cardiopathies ischémiques ont étudié l’évolution de la présentation clinique et de la prise en charge des infarctus inauguraux entre 2006 et 2016 chez les hommes et les femmes de 35 à 74 ans.
Si la prise en charge de l’infarctus s’est globalement améliorée, les femmes sont toujours moins susceptibles que les hommes de bénéficier d’un traitement de revascularisation visant à déboucher en urgence leurs vaisseaux cardiaques (les artères coronaires) : en 2016, elles sont 61% à recevoir cette procédure, contre 79% des hommes. De même, les médicaments antiagrégants plaquettaires, les statines hypolipémiantes, ainsi que la rééducation cardiaque sont toujours plus fréquemment prescrits aux hommes qu'aux femmes, indépendamment d’autres facteurs. Néanmoins, ces disparités ne semblent pas influer le pronostic vital : aucune différence significative de mortalité à 28 jours et 1 an n’a été détectée entre les deux sexes.
Il est aussi important de noter qu’en 10 ans, l'écart d'âge au premier infarctus entre hommes et femmes a considérablement diminué et que les différences de symptômes observés entre les deux sexes ont également disparu. L’augmentation du tabagisme féminin dans la seconde moitié du XXe siècle, notamment chez celles qui ont aujourd’hui entre 55 et 64 ans, pourrait expliquer ce rajeunissement.
Aussi est-il indispensable de redoubler nos efforts de sensibilisation des professionnels de santé concernant l’infarctus féminin et notre lutte contre le tabagisme, essentiels pour améliorer la santé des femmes.
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