Le sujet de l’activité sexuelle reste malheureusement encore trop tabou : seulement 12% des femmes et 19% des hommes osent l’aborder en consultation.
Quand le sujet est abordé, les patients reçoivent majoritairement des conseils de restrictions de nature diverse : limiter l’activité sexuelle (35%), adopter une attitude plus passive (26%), ou garder leur fréquence cardiaque à une valeur basse (23%). Or ces restrictions ne sont basées sur aucune étude scientifique.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/25512442/
Pourtant, le médecin a un rôle clé à jouer pour rassurer une fois la situation maitrisée. La discussion avec le médecin est le facteur prédictif le plus fort de la reprise d'une activité sexuelle à un an d'un infarctus du myocarde.
Les troubles féminins de la sexualité sont encore mal connus des professionnels de santé. Pourtant, ils sont fréquents et concernent 4 femmes sur 10 en âge de procréer, 6 femmes sur 10 à la ménopause. Ils peuvent être de plusieurs natures : baisse ou absence de désir, voire parfois aversion, troubles de l’excitation sexuelle ou de l’orgasme, insuffisance érectile clitoridienne, douleurs et sécheresse vaginale.
https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0378512225001896
Les troubles augmentent en présence de facteurs de risque (hypertension, diabète, obésité, hypercholestérolémie…) par un impact direct sur le fonctionnement des vaisseaux impliqués dans le fonctionnement des organes sexuels et sont aussi plus fréquents chez la femme coronarienne.
Les femmes sont souvent négligées dans le dépistage des troubles sexuels, par méconnaissance du sujet, manque de temps en consultation, gêne, manque de données scientifiques. Les femmes sont moins bien conseillées après un évènement cardiovasculaire, avec peu ou pas d’informations. De plus, peu de femmes vont en rééducation, période privilégiée pour aborder le sujet de la sexualité.
Certains médicaments à visée cardio-vasculaire peuvent induire ou accentuer des troubles sexuels : les diurétiques, certains bêta-bloquants, certains antihypertenseurs centraux. Ainsi, 42% des femmes hypertendues traitées présentent une chute de la libido. Cependant, il ne faut pas incriminer trop vite les médicaments, mais rechercher les nombreux facteurs : psycho-sociaux, problèmes de couple… Les troubles sexuels ont un impact important sur la qualité de vie et l’observance.
Il ne faut jamais arrêter son traitement devant des troubles sexuels, il faut avant tout en parler à son médecin et garder en tête que l’amour et les calins sont de formidables sources de bien être pour le corps, l’esprit et le cœur.
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