Le 1er octobre dernier, je suis prise d’une douleur violente dans la poitrine en arrivant à mon travail. Elle est insupportable. Je me précipite aux urgences de la clinique la plus proche. J’ai vraiment très mal. Les personnes devant moi dans la salle d’attente me font passer avant elles, tant elles me voient souffrir. Le médecin qui me prend en charge me fait un diagnostic immédiat : « vous faites une petite crise d’angoisse, Madame. »
Il me donne un cachet calmant à avaler et me place dans un box. Je vomis rapidement le médicament et je continue à subir cette douleur insupportable. Le médecin revient me voir et semble agacé. Pour lui, ce n’est qu’une crise d’angoisse, et je dois me calmer.
Je vais devoir attendre plusieurs heures, pleurant et souffrant toujours, demandant à ce qu’on s’intéresse davantage à moi. Diagnostic final : je fais un infarctus du myocarde et on m’envoie d’urgence au bloc. Mon artère coronaire est bouchée. Conséquence du retard de prise en charge : 30 % de mon cœur est en état de sidération ! Résultat : 3 jours en soins intensifs, 3 jours en chambre, 15 jours en soins de réadaptation cardiaque, puis hôpital de jour 3 fois par semaine pour renforcer mon cœur.
Crise d’angoisse ou cardiaque ? Je témoigne pour protéger les futures femmes qui subiront ces errances diagnostiques et la non prise en compte de nos symptômes, car j’ai véritablement ressenti cela. Avec un double message. Aux urgentistes et aux médecins : une femme qui ressent une douleur insupportable dans la poitrine n’est pas forcément une hystérique en crise d’angoisse. Et à toutes les femmes : une douleur dans la poitrine est un signal d’alerte à ne pas négliger. Appelez le Samu sans hésiter.
Merci au service de cardiologie qui m’a sauvé la vie. Merci au centre de réadaptation qui prend soin de mon cœur et le fortifie. Ma mission de vie désormais est de témoigner. Là, se trouve ma résilience.
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