À 38 ans, je menais une vie très active que j’aimais passionnément. En tant qu’enseignante-chercheuse en sociologie, mon quotidien oscillait entre cours, direction de master et projets de recherche. Une source de joie immense, mais aussi de fatigue chronique et de stress que je croyais « normal ».
L’alerte ignorée : le piège du stress professionnel
Tout bascule en décembre 2025. À deux reprises, des douleurs thoraciques violentes irradient mon dos et mon épaule. Pourtant, je ne me rends pas aux urgences. Mon erreur ? Croire que ce n'est que le contrecoup de la fatigue professionnelle et du stress.
Même si les premières crises se sont vite calmées, les oppressions reviennent, toujours liées au stress ou à l'énervement. Je consulte un premier cardiologue parisien début janvier 2026 : les examens cliniques (auscultation, ECG) sont normaux. On ne comprend pas l'origine de ma douleur.
Le tournant : une approche globale et spécialisée
Sur les conseils d’amis médecins, je me tourne vers une spécialiste du cœur des femmes : la Professeure Claire Mounier-Véhier au CHU de Lille. Lors d’une consultation longue et approfondie, elle interroge mon mode de vie, mes émotions et mes antécédents. Cette approche globale, que j'avais plutôt rencontrée dans la médecine traditionnelle chinoise, change tout. Malgré des résultats de sang normaux, elle prescrit un coroscanner.
Le choc du diagnostic : « Ce n’est pas psychologique »
Le 29 janvier 2026, ma vie bascule. Le diagnostic tombe avec le coroscanner : une malformation congénitale de l’artère coronaire gauche avec un trajet à très haut risque (inter-aorto-pulmonaire).
En tant que sociologue, ma réaction m'a surprise : au-delà du choc, j’ai ressenti un immense soulagement. Enfin, ma douleur avait une réalité biologique. Cela m'a révélé avec force le poids des normes sociales et la stigmatisation des troubles psychologiques : je préférais qu’on me détecte une malformation cardiaque qu’un « simple » problème émotionnel.
Le combat et la renaissance
Après une période d'hésitation et de recherches intenses pour trouver le chirurgien spécialiste de ce type de maladies congénitales, j’ai décidé de me faire opérer par le Professeur Francis Juthier à Lille.
L'opération, le 23 mars 2026, s'avère plus complexe que prévu avec la découverte d'un trajet intramural de l’artère coronaire gauche dans l'aorte. Mais grâce à une réparation anatomique de précision, je commence ma convalescence. Jour après jour, je me déleste de mes « accessoires » médicaux : cathéters, drains, pacemaker et Holter.
Mes leçons de vie : Écouter, Prévenir, Agir
Aujourd'hui, trois semaines après l'opération, j'ai le sentiment d'avoir un nouveau cœur et une nouvelle vie. Cette épreuve a profondément changé mon regard sur moi-même. J’aime toujours mon travail et le trouve profondément porteur de sens, mais je questionne désormais la place prépondérante qu’il prend dans ma vie. J’essaie de vivre autrement : marcher chaque jour en plein air, prendre le temps de manger sans rester devant mon ordinateur, ralentir, dormir davantage et véritablement écouter mon corps. Ce sont des gestes simples, mais pour moi ils ont désormais une valeur immense.
Si je témoigne aujourd’hui, c’est pour partager ce que mon parcours m'a appris :
- Écoutez votre corps : ne confondez pas une alerte cardiaque avec une simple fatigue. Avec le recul, je comprends que mon corps m’avait déjà envoyé des signaux pendant le sport, que j'avais confondus avec des douleurs musculaires.
- Le parcours de soins est un combat : le parcours de soins demande souvent du temps, de l’énergie et de la patience. La phase du diagnostic peut être longue et déstabilisante, mais elle est décisive. Soyez persévérantes.
- Cherchez l’expertise : il est crucial d’être orientée vers des professionnels qui connaissent les spécificités de la santé cardiovasculaire des femmes. Cette expertise peut tout changer.
- Prenez le stress et les troubles émotionnels au sérieux : la littérature scientifique prouve leur impact majeur sur nos artères. Vos émotions parlent à votre cœur, apprenez à les écouter.
N'attendez pas que votre vie bascule pour prendre soin de votre cœur. Parce que parfois, derrière ce que l’on appelle « fatigue » ou « stress », il y a un cœur qui lance un appel à l’aide.
Cette semaine, je célèbre le troisième anniversaire de mon « histoire de cœur », et c’est l’occasion d’en parler parce que oui, vraiment, c’est toute une histoire ! Tout a basculé pour moi à 43 ans, le 2 juin 2019. Ce dimanche-là j’ai littéralement fini à bout de souffle aux [...]
« Ce jeudi, je dois aller faire des courses à Auxerre. Le matin, je lis dans le journal l'Yonne Républicaine qu’une opération de dépistage des maladies cardio-vasculaires pour les femmes se déroule à la salle Vaulabelle. Je prends le risque de m’y rendre sans rendez-vous préalable… [...]
J’ai 61 ans et j’adore les sports extérieurs, la montagne, la nature. Même mon cancer du sein à 30 ans ne m’y a jamais fait renoncer, au contraire, cela a favorisé ma guérison. En 2017, dans un contexte de gros stress chronique familial et professionnel, je ressens soudainement des [...]