« Je suis médecin urgentiste depuis 28 ans. Très sportive, 7 heures de sport par semaine : running, renforcement musculaire, marche. Je n’ai jamais fumé.
Ma mère a 80 ans, grosse fumeuse, mais non vasculaire. Mon père est décédé jeune accidentellement. Je n’ai pas de cholestérol, j’ai été ménopausée à 54 ans, je ne prends pas de traitement hormonal.
Il y a quelques jours, j’ai fait une intervention en SMUR très dure, sur un arrêt cardio-respiratoire d’un jeune de 14 ans.
Au-delà du décès tragique d’un adolescent, j’ai vécu l’une des plus dures expériences de ma carrière… Les parents présents ont voulu assister à la réanimation, ce que je peux comprendre. Mais hurler sur l’équipe médicale, au lieu de se serrer dans les bras, de prendre le petit frère agité qui hurlait sa rage sur les soignants, la famille est restée dispersée chacun dans sa douleur, je n’avais jamais assisté à une telle scène… Ce manque de bienveillance et de solidarité dans ces conditions extrêmes m’a profondément émue.
Je suis rentrée à l’hôpital et j’ai continué mon travail, j’étais en garde pour 24 h.
A 2h45, je suis montée dans ma chambre où j’ai ressenti une douleur dorsale inhabituelle intense par vague.
Vos commentaires me sont revenus comme un flash. Je suis redescendue dans mon service où j’ai fait un électrocardiogramme pendant la douleur, avec des modifications électriques. Diagnostic : une ischémie myocardique aiguë transitoire sur un spasme venant compliquer une obstruction de l'interventriculaire antérieure (IVA), la branche principale de l'artère coronaire gauche.
La coronarographie a mis en évidence une sténose à 50 % de l’IVA.
Je vous remercie pour votre sensibilisation, qui a résonné très fort et qui m’a peut-être sauvé la vie… »
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