« Il est urgent d’agir. Et si c’était vous ? » 50 femmes âgées de 22 à 84 ans racontent le choc de leur accident cardiovasculaire dans un livre publié par la Fondation Agir pour le Cœur des Femmes.
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L’enseignement par l’exemple se nourrit de la force du vécu et de la puissance du témoignage. Véritables lanceuses d’alerte, ces femmes ont osé passer le relais pour transmettre leur expérience. Elles souhaitent partager leur histoire pour sauver d’autres vies, alerter les femmes et les encourager à mieux s’écouter. Une constante traverse l’ensemble de leurs histoires : l’errance diagnostique et l’impact de la santé mentale. Heureusement, elles ont survécu à l’accident !
« Ces témoignages permettent de visualiser la réalité de la maladie cardiovasculaire au quotidien. C’est une véritable innovation dans la prévention, témoigne la Pr Claire Mounier Véhier, cofondatrice d’Agir pour le Cœur des Femmes. Elles ne s’y attendaient pas. Elles pensaient à une fatigue intense mais ponctuelle, des douleurs persistantes dans le dos, une oppression dans la poitrine mais qui vont passer, un embarras gastrique un peu tenace, des palpitations inexpliquées… Pourtant, elles étaient en train de faire un infarctus, on leur a découvert une cardiopathie, elles avaient une malformation congénitale… Cette diversité de témoignages doit générer une prise de conscience généralisée face à cette urgence médicale et sociétale, l’une des toutes premières causes de décès des femmes. »
Un constat : une douleur thoracique, souvent associée à d’autres symptômes chez les femmes, qui peuvent être avant-coureurs
Ces témoignages confirment les conclusions des études et les recommandations des sociétés savantes de cardiologie. Si la douleur thoracique reste le symptôme principal de l'infarctus chez la femme dans environ 80 % des cas, d'autres symptômes peuvent l’accompagner ou la précéder : oppression thoracique, essoufflement à l’effort, fatigue intense inhabituelle, nausées et symptômes digestifs, palpitations, douleur aigüe ou fluctuante dans le haut du dos, entre les omoplates ou dans le cou. On le constate clairement dans les témoignages, certains signaux d’alerte doivent amener à consulter ou à composer le 15 sans hésiter.
Cassons les préjugés : les femmes sont concernées à tous les âges
A 22 ans, Assia a une insuffisance cardiaque grave, liée à une valve aortique défaillante. A 48 ans, Ghislaine fait une dissection spontanée d’une artère coronaire. A 44 ans, Muriel bouche ses artères coronaires et fait un infarctus du myocarde. Nathalie, 53 ans, fait un tako tsubo ou cardiomyopathie de stress. Marie, 42 ans, déclenche une myocardite, une inflammation du myocarde. Caitline, 23 ans, souffre d’une insuffisance cardiaque juste après son accouchement. A 62 ans, Brigitte fait un infarctus après son traitement de cancer du sein. Cloé est opérée à 37 ans d’une insuffisance mitrale sévère. Nicole, 84 ans, est prise en charge en urgence lors d’un dépistage pour lui poser un pacemaker.
Une réalité sous-estimée : le fort impact de la santé mentale
Ce qui frappe dans ces témoignages, c’est l’impact de la santé mentale sur le coeur des femmes. Une charge psychologique trop lourde dans leur vie quotidienne joue un rôle majeur dans le déclenchement de l’accident cardiovasculaire, mais aussi dans sa récidive. Les personnes présentant une mauvaise santé mentale ont un risque accru de 56 % d’accident cardiovasculaire*. Le stress agit directement sur le cœur et les artères. De plus, il va contribuer au développement d’addictions et d’une mauvaise hygiène de vie, entraînant un sur-risque cardiovasculaire.
La santé mentale a également un rôle majeur dans la reconstruction après l’accident cardiovasculaire ou la découverte de la maladie. 40 % des femmes développent un syndrome post-traumatique ou une dépression à la suite d’un accident cardiovasculaire*. Pour la plupart des femmes qui témoignent, l’acceptation de la maladie est difficile. Un épisode dépressif rend le rétablissement plus compliqué, car il nuit souvent à la récupération d’une bonne hygiène de vie et à leur réinsertion dans la vie professionnelle. Pourtant, l’accompagnement psychologique a un impact considérable sur la capacité à revivre normalement, tout en contribuant à éviter la récidive.
Un témoignage thérapeutique : une transmission d’expérience
« Deux messages d’espoir essentiels se dégagent de ce livre : la connaissance des symptômes peut sauver une vie et la vie peut continuer après l’accident cardiovasculaire, conclut Thierry Drilhon, cofondateur d’Agir pour le Cœur des Femmes. Ces femmes que nous avons rencontrées nous ont spontanément proposé de raconter ce qu’elles ont vécu. Ces témoignages bouleversants de femmes pour d’autres femmes sont à la fois thérapeutiques et solidaires. Ils enseignent les signaux d’alerte, pour agir plutôt que subir, en pointant l’urgence de cette prise de conscience. Ils contribueront à sauver toujours plus de vies. La prévention n'est plus une option ! »
* https://doi.org/10.1093/eurheartj/ehaf191
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/34752807/
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/28498599/
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/40142595/
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