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Quand les facteurs de risque cardio-vasculaire se détériorent lors de l’entrée à la ménopause ou…pourquoi agir !

Le Dr Brigitte Raccah-Tebeka, gynécolo-endocrinologue à Paris et ambassadrice d’Agir pour le Cœur des Femmes, a lu pour vous cette étude japonaise prospective évaluant le suivi et le devenir cardio-vasculaire de femmes à l’entrée dans la ménopause, et en les comparant à ceux d’hommes du même âge.

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Ces études « genrées » sont importantes pour mieux appréhender la médecine préventive chez ces femmes et agir sur leurs comportements de vie. Les modifications des facteurs de risque cardio-vasculaire des femmes ménopausées sont bien connues comparativement aux femmes en activité génitale. Il a été également montré qu’une ménopause précoce (et/ou chirurgicale) est associée à une mortalité globale plus élevée, et notamment d’origine cardiovasculaire. Or n’oublions pas que les maladies cardio-vasculaires et métaboliques sont aussi liées à notre façon de bouger, de nous alimenter, d’être exposées au stress et que dans 8 cas sur 10, on peut éviter l’accident cardio-vasculaire par un repérage des facteurs de risque et leur prise en charge adaptée à cette période charnière clé qu’est la ménopause.
Cette publication japonaise récente confirme l’altération de nombreux paramètres métaboliques lors du passage à la ménopause. Cette étude est particulière car il s’agit d’une étude longitudinale avec un suivi moyen de presque de 11 ans permettant de suivre des femmes initialement en préménopause qui deviennent ménopausées durant le suivi. Ainsi à partir d’une cohorte de 4 596 femmes, 263 sont devenues ménopausées au cours de l’étude. L’âge moyen lors du recrutement était de 47,6 ans. La ménopause est survenue en moyenne vers 51,4 ans. Elles ont été comparées à un groupe d’hommes du même âge examinés et testés au même moment qu’elles.
Il ressort que, comparativement à l’évolution chez les hommes, ces femmes voyaient bon nombre de leurs paramètres métaboliques se détériorer de façon plus marquée statistiquement: plus forte augmentation du cholestérol total, du LDL cholestérol, des triglycérides, de l’acide urique, de l’hémoglobine et des enzymes hépatiques. En revanche, l’évolution de l’indice de masse corporelle, les pressions artérielles systoliques et diastoliques et l’hémoglobine glyquée évoluaient de la même manière que chez les hommes durant la période d’observation.
En conclusion, de nombreux facteurs métaboliques et vasculaires s’altèrent, en relation avec les modifications hormonales de la ménopause. Une amélioration de l’hygiène de vie est alors tout à fait essentielle associant idéalement rééquilibrage alimentaire, activité physique, gestion du stress, du sommeil et arrêt du tabac. L’arrivée de la ménopause doit être une étape clé chez la femme pour effectuer un dépistage systématique cardio-vasculaire et métabolique. Une prise en charge dès l’entrée dans la ménopause permettrait ainsi d’éviter bon nombre de ces accidents cardio-vasculaires, devenus la première cause de mortalité chez la femme en l’espace de 40 ans.


Référence bibliographique
S Temamura, T Sankai, K Yamagishi et al. Changes in cardiovascular disease risk factors during menopausal transition in japanese women : the circulatory risk in communities study (CIRCS). Menopause. 2023, 30 ; 88-94.

 
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