2025 a été une nouvelle année de fort développement ?
Thierry Drilhon : le Bus du Cœur des Femmes s’est rendu dans 16 villes en 2025, où il a stationné pendant 3 jours, pour offrir un dépistage cardiovasculaire et gynécologique complet à près de 4 500 femmes, soit près de 300 femmes par étape en moyenne. 46 Journées du Coeur des Femmes ont permis le dépistage de près de 3 000 femmes, soit une soixantaine par Journée. 6 Journées du Cœur Entreprises ont été organisées en 2025, pour près de 350 salariées.
Plusieurs milliers de professionnels de santé s’impliquent avec vous !
Claire Mounier-Vehier : chaque étape du Bus et chaque Journée du Coeur des Femmes est rendue possible grâce à la mobilisation exceptionnelle des professionnels de santé locaux : médecins généralistes, cardiologues, néphrologues, gynécologues, médecins vasculaires, sage-femmes, infirmiers, pharmaciens… Ils sont près de 5 000 depuis quatre ans à avoir déjà donné de leur temps et de leur expertise pour dépister, orienter et sensibiliser. Ces événements leur permettent de travailler ensemble sur les spécificités des maladies cardiovasculaires chez les femmes et contribuent à leur formation continue.
Comment parvenez-vous à stimuler ces expertises locales ?
CMV : passer une journée par an sur un territoire ou même trois jours avec le Bus ne suffit pas pour répondre aux attentes locales, qui sont très importantes. Seule une action collective mobilisant les acteurs locaux peut avoir une réelle efficacité. L’enracinement local est essentiel. Le Bus et les Journées du Cœur des Femmes mettent en place un maillage de talents au service de la santé des femmes. Il continue à exister quand le Bus est parti et que les Journées sont terminées.
TD : notre objectif est que lorsque le Bus repart, une meilleure expertise reste sur le territoire. En impliquant l’ensemble de l’écosystème local de la santé, le Bus et les Journées apportent un dépistage efficace à terme, au plus près des attentes des territoires. C’est le fondement de notre action.
Un autre objectif encore plus large vise à aider les femmes à prendre davantage soin d’elles ?
TD : les femmes sont très majoritairement actives, ce qui est une avancée sociale majeure, mais elles souffrent d’une accumulation de responsabilités. 82 % d'entre elles consacrent prioritairement leur énergie à la santé des autres, enfants, conjoint, parents… en s'oubliant elles-mêmes. Nous souhaitons les inciter à prendre davantage soin d’elles.
CMV : les femmes repoussent les rendez-vous médicaux, parce que le temps leur manque. Leur renoncement a pour conséquence directe la dégradation de leur santé cardiovasculaire. Il est absolument nécessaire qu’elles deviennent actrices de leur propre santé. Nous voulons leur donner à la fois la légitimité et l'opportunité de prendre soin d’elles.
L’entreprise et les employeurs en général ont-ils un rôle à jouer dans la prise de conscience de la nécessité de prendre soin de soi ?
TD : les entreprises doivent faire de la santé et du bien-être de leurs collaboratrices et de leurs collaborateurs l’un des moteurs de leur croissance. La prévention n’est pas une charge, c’est un investissement. Le mouvement est lancé : nous avons organisé six Journées du Cœur des Femmes Entreprises en 2025 et il y en aura davantage en 2026.
CMV : le milieu professionnel est un relais particulièrement important, car la prévention doit s’intégrer dans le quotidien pour être efficace. L’entreprise a un rôle important à jouer dans la promotion des bonnes habitudes d’hygiène de vie et de l’importance des dépistages, en lien avec la médecine du travail.
Comment la Fondation contribue-t-elle à l’évolution des mentalités et des pratiques ?
CMV : à travers nos actions, nous faisons évoluer la perception de milliers de professionnels de santé qui nous ont rejoints. Nous insistons sur l’importance de travailler ensemble, de manière transversale, sur les spécificités des maladies cardiovasculaires chez les femmes. La prévention doit devenir un réflexe collectif.
TD : la prévention, ce n’est pas seulement des campagnes de communication. Elle doit être concrète et opérationnelle, pour remettre les personnes qui en ont besoin dans un parcours de soins structuré. Notre système de soins trop orienté vers le curatif doit évoluer vers davantage de préventif : c’est à la fois un sujet de société et notre responsabilité envers les générations futures.
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